A la découverte du manouba

Le musicien Serge Tamas a fait son retour à l’école primaire du bourg de Petit-Canal, affiliée au réseau UNESCO, pour la suite des activités visant l’exploitation pédagogique et la promotion du manouba, du 6 au 16 janvier dernier.

Rappelons que cet instrument connu sous d’autres appellations telles que maniba, marimbula, marimba, rumba box, kongoma, accompagne le professionnel de la musique dans ses tournées mondiales depuis près de trente ans. Ses techniques guitaristiques sur la polyphonie l’ont, au fil des années, conduit à l’élaboration sur le manouba, d’un jeu riche et varié qui lui est propre, mettant en valeur les subtilités du son envoûtant des lames au son de basse, doublées du rythme de la percussion du même instrument.

En effet, l’histoire du manouba et de sa rencontre a été livrée sur les marches des esclaves par la classe phare, à l’issue de la première année. Pour cette nouvelle étape, les élèves des classes de CE2, CM1, CM1-CM2 et ULIS se sont concentrés sur l’accompagnement de textes mis en voix. Ce sont l’exploitation d’un conte du patrimoine, « Tou a Man Koko » et d’un poème de Jean Juraver, « Sa ki taw » qui ont confirmé nos attentes.

Parallèlement, l’artiste lui-même a réalisé une réplique de son instrument à cinq lames. Un prototype à la taille des élèves a également été fabriqué. Il restera à l’école, comme témoin officiel de la réintroduction du manouba en Guadeloupe. Ainsi, l’équipe a su développer une pédagogie pluridisciplinaire pour une contextualisation motivante et productive des enseignements. Langue orale, littérature, écriture, sciences et géométrie, arts du spectacle : tels ont été les domaines touchés.

Après un accueil chaleureux de l'artiste par l’Inspectrice Corinne Letin, renouvelant ainsi l’intérêt qu’elle porte à la culture et au patrimoine, les parents d’élèves de la classe ont pu assister à une présentation de l’instrument et de ses exploitations pédagogiques, et échanger avec ce dernier. Cette sensibilisation à leur niveau est un levier supplémentaire dans la prise de conscience de nos richesses culturelles.
La restitution des productions vivantes et écrites laisse augurer la probable poursuite de l’action, déjà élargie au niveau de la circonscription de Grande-Terre nord, à l’école de Sainte-Geneviève à Petit-Canal qui a vu des élèves du cycle 3 enchantés par les surprenantes qualités de l’instrument.

Ce projet d’éducation artistique et culturelle a obtenu pour sa mise en oeuvre divers financements et soutiens : ceux du ministère de la culture, de CANOPE Guadeloupe, de la coopérative scolaire de l’école, de la municipalité et de l’association CAPEAC de Petit-Canal. Ces moyens encore insuffisants malgré différents dons, l’équipe cherche activement de nouveaux partenaires afin d’en faciliter le rayonnement. Porteuse d’un projet ERASMUS plus pour les deux ans à venir, « Footprints and routes of the intangible cultural heritage », l’équipe ne manquera pas de présenter lors des mobilités le fruit de cette innovation qui lui a ouvert les portes de ce partenariat européen.


Viviane GUSTAVE, PEMF, coordonnatrice
Ecole primaire du bourg de Petit-Canal